Coûts d’acquisition, d’installation et de maintenance en baisse, rendement au mètre carré en hausse continue, bonne réputation auprès des habitants et visibilité politique plus que jamais au rendez-vous : le solaire dispose de nombreux atouts. Son intégration dans la politique énergétique des territoires, parfois au cœur de leur stratégie de développement durable, témoigne de la qualité des produits disponibles sur le marché, gage incontournable de confiance, et de la viabilité économique globale des projets d’équipement, sous-tendant nécessairement la décision des pouvoirs publics de recourir en appoint ou de manière significative à cette énergie.

Un secteur économique en plein développement

La mise en œuvre d’un projet d’équipement ne saurait toutefois se nourrir des seuls arguments globalement positifs que présente cette technologie. Une connaissance précise du secteur économique est clairement requise, tandis que la définition de la stratégie optimale d’achat fait reposer sur les services techniques et juridiques des collectivités, une part importante de la réussite du projet. La réflexion technique, la concertation citoyenne, la globalisation financière de l’opération durant toute la durée de vie de l’équipement, sont des éléments de définition de l’opération présidant également à sa réussite.

Le développement de la filière solaire se nourrit de l’envolée des cours des énergies fossiles, et de leur disparition programmée à l’horizon 2050/70. Par exemple, entre 2006 et 2007 en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, la puissance photovoltaïque a quasiment été multipliée par deux. A l’échelle nationale, celle-ci est passée entre 2002 et 2004 de 11 000 à 20 000 MW, le photovoltaïque « raccordé au réseau » connaissant un démarrage exponentiel (1).

Le nombre d’opérateurs économiques présents sur le marché tend en conséquence à croître fortement, qu’il s’agisse de fabricants de chaudières thermiques (susceptibles d’équiper les parcs de logements sociaux), d’entreprises spécialisées dans la fabrication et la maintenance de cellules photovoltaïques pouvant être installées sous forme de panneaux solaires éventuellement groupés en parcs, ou encore de sociétés spécialisées dans la réalisation d’études de faisabilité. Certains groupes sont par ailleurs en mesure de proposer des prestations intégrées, réunissant les phases de réflexion sur le projet d’équipement et celles relatives à sa réalisation.

Cependant, malgré l’abondance de fabricants et fournisseurs, le développement du secteur économique s’appuie sur quelques grands groupes dont la puissance permet la mise en œuvre de stratégies de recherche-développement de grande ampleur.

Les produits actuellement disponibles sur le marché, tout en présentant un rendement correct, peuvent être technologiquement dépassés quelques années après leur installation. Il est donc vivement conseillé à l’acheteur public de se doter d’emblée d’équipements performants, et d’agrémenter son contrat de clauses assurant, aux frais du prestataire, la mise à jour de certains éléments tels les logiciels ou interfaces de gestion, voire certaines parties de l’équipement en lui-même.

Raisonner en coût global d’utilisation

La présence de telles clauses au sein des condi­tions d’exécution, doit permettre à l’acheteur de disposer d’une installation performante durant toute la durée du contrat. Le financement du projet doit tenir compte du prix des fournitures et de la main d’œuvre, des frais de maintenance et d’entretien des panneaux. Afin que le coût global d’utilisation ne connaisse pas d’évolution trop sensible, il est vivement conseillé d’inviter le prestataire à proposer une durée de garantie égale à celle du contrat et couvrant l’ensemble du matériel installé (pan­neaux solaires et équipements périphériques compris).

Afin de contenir son budget, l’acheteur doit prendre en compte de nombreux paramètres. A ce titre, le prix unitaire des panneaux, pose comprise, reste un indicateur pertinent pour la budgétisation globale de l’équipement. En outre, la possibilité de raccorder le parc au réseau électrique permet de fluidifier l’amortissement, dans la mesure où l’électricité produite peut, sous certaines conditions, être rachetée par Electricité de France.

Il est ainsi envisageable d’utiliser un parc pour alimenter les bâtiments et l’éclairage public d’un village voire d’une communauté de communes, l’excédent de production pouvant être revendu afin d’accélérer l’amortissement de l’infrastructure.

Quelle stratégie d’achat ?

C’est toutefois sur la stratégie d’achat plus que sur le calcul du coût des fournitures, que la réflexion de l’acheteur public doit être approfondie. La mise en concurrence la plus large possible des opérateurs est vivement conseillée, l’allotissement du projet permettant de bien distinguer ce qui, dans la tarification, relève des fournitures, de leur pose, et de la maintenance de l’équipement.

Les coûts relatifs au raccordement au réseau ne doivent pas être oubliés, tout comme ceux relatifs à l’acquisition des terrains devant accueillir l’équipement, ces frais pouvant, dans certaines régions particulièrement soumises à la pression foncière, être un paramètre fondamental du bouclage budgétaire.

Le recours à l’énergie solaire peut toutefois emprunter d’autres voies que celles menant à la construction d’un parc. Ainsi, un nombre croissant de collectivités prévoit, au sein de leurs opérations classiques de constructions ou de réhabilitation, un lot relatif à l’acquisition et à l’installation de panneaux photovoltaïques.

Chaque lot étant au sein du marché public analysé indépendamment des autres, les offres remises au titre du lot « solaire photovoltaïque » peuvent être analysées en fonction de critères autonomes au reste du marché et portant exclusivement sur la fourniture, la pose, et la maintenance de ce type d’équipement.

Il est bien entendu vivement conseillé à l’acheteur de mettre en place un système de pondération permettant de juger la qualité de l’offre au regard de la performance des cellules (rendement énergétique moyen), mais également de la durée de garantie, des prestations proposées au titre du service après-vente, etc., plus qu’au regard du tarif proposé.

Par ailleurs, dans le cadre de ces lots « photovoltaïque », l’acheteur peut inviter les opérateurs économiques à proposer des solutions techniques différentes de celles qu’il a pu identifier, tout en indiquant les exigences minimales du cahier des charges que le candidat devra respecter.

Ce dernier sera ainsi en mesure de proposer une ou plusieurs variantes au pouvoir adjudicateur, en sus de l’offre de base. Cette technique permet de contourner l’éventuelle méconnaissance du secteur écono­mique (notamment des produits proposés) tout en impliquant plus fortement, dans une logique de développement durable encore plus poussée, les entreprises innovantes dans la satisfaction du besoin du pouvoir adjudicateur.

  1. Fabrice JUQUOIS, le marché du solaire photovoltaïque en France, 1992-2004, ADEME, Département Énergies Renouvelables, mars 2005.